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Comment construire une palette de couleurs cohérente en aquarelle ?

Comment construire une palette de couleurs cohérente en aquarelle ?

Construire une palette d’aquarelle cohérente ne consiste pas à accumuler le plus grand nombre de couleurs possible. Une sélection relativement réduite, composée de pigments bien choisis, peut au contraire offrir davantage de possibilités et faciliter la compréhension des mélanges.

Pour construire une palette aquarelle adaptée à sa pratique, il faut réfléchir à la température des couleurs, aux pigments utilisés, à leur transparence, à leur capacité à se mélanger et aux sujets que l’on peint le plus souvent.

Une palette bien pensée permet non seulement de gagner en cohérence chromatique, mais aussi de mieux connaître ses couleurs et d’anticiper leur comportement sur le papier.

Pourquoi commencer par une palette relativement réduite ?

Lorsqu’on débute ou que l’on souhaite réorganiser sa palette, la tentation est grande de multiplier les demi-godets. Pourtant, un nombre élevé de couleurs peut rapidement rendre les choix plus complexes et créer de nombreux doublons.

Une palette composée d’environ six à douze couleurs bien sélectionnées permet déjà de produire une très grande variété de nuances.

Cette approche présente plusieurs avantages :

  • mieux connaître le comportement de chaque pigment ;
  • apprendre à créer ses propres mélanges ;
  • obtenir davantage de cohérence entre les différentes zones d’une peinture ;
  • éviter d’acheter plusieurs couleurs très proches ;
  • constituer progressivement une palette réellement personnelle.

Avant de choisir ses couleurs, il peut être utile de comprendre ce qui différencie les différentes qualités d’aquarelle. Notre guide Aquarelle fine ou extra-fine : comment choisir selon sa pratique ? revient notamment sur la concentration pigmentaire, les couleurs mono-pigmentaires, la transparence et la permanence.

Commencer par les couleurs primaires : une base efficace

Une palette polyvalente peut être construite autour des trois grandes familles primaires : jaune, rouge et bleu.

Pour aller plus loin, il est intéressant de disposer d’une version chaude et d’une version froide de chacune de ces couleurs. On obtient alors une base de six teintes offrant une grande souplesse dans les mélanges.

Par exemple :

FamilleTendance chaudeTendance froide
Jaune Jaune tirant légèrement vers l’orange Jaune tirant légèrement vers le vert
Rouge Rouge tirant vers l’orange Rouge tirant vers le violet
Bleu Bleu tirant vers le violet Bleu tirant vers le vert

Ce système permet de mieux contrôler les secondaires. Un jaune chaud associé à un rouge chaud produit par exemple un orange plus lumineux, tandis que certaines combinaisons de pigments complémentaires permettent d’obtenir des couleurs plus neutralisées.

Pourquoi regarder les pigments plutôt que seulement le nom des couleurs ?

Deux couleurs portant un nom proche peuvent être formulées avec des pigments différents et avoir des comportements très différents au mélange.

C’est pourquoi il est intéressant d’observer le Color Index indiqué par le fabricant lorsque cette information est disponible. Une couleur mono-pigmentaire facilite souvent la lecture des mélanges, car elle limite le nombre de pigments combinés lorsque deux teintes sont associées.

Cela ne signifie pas qu’il faille absolument constituer une palette uniquement mono-pigmentaire. Certaines couleurs élaborées à partir de plusieurs pigments sont parfaitement intéressantes. L’objectif est surtout de savoir ce que contient sa peinture pour comprendre le résultat obtenu.

Éviter les doublons dans sa palette

Une palette peut rapidement se remplir de couleurs séduisantes mais très proches les unes des autres.

Avant d’ajouter un nouveau godet, il peut être utile de se poser trois questions :

  • puis-je obtenir cette nuance en mélangeant deux couleurs déjà présentes ?
  • ce pigment possède-t-il une propriété particulière qui m’intéresse ?
  • vais-je réellement utiliser cette couleur régulièrement ?

Une teinte peut justifier sa place si elle apporte un comportement spécifique : transparence particulière, granulation, pouvoir colorant élevé ou difficulté à reproduire précisément la nuance par mélange.

À l’inverse, plusieurs couleurs très proches peuvent alourdir la palette sans réellement augmenter ses possibilités.

Ajouter quelques terres pour neutraliser facilement les couleurs

Les terres occupent une place très intéressante dans une palette d’aquarelle. Ocre, terre de Sienne, terre d’ombre ou autres nuances naturelles permettent de créer rapidement des tons plus subtils et de neutraliser certaines couleurs très saturées.

Elles sont particulièrement utiles pour :

  • les paysages ;
  • les architectures ;
  • les carnations ;
  • les matières naturelles ;
  • les ombres colorées.

Une palette de base composée de six primaires chaudes et froides peut ainsi être complétée par une ou deux terres selon les sujets travaillés.

Faut-il ajouter un noir dans une palette aquarelle ?

Le noir n’est pas indispensable. De nombreux aquarellistes préfèrent créer leurs propres couleurs sombres en mélangeant des couleurs complémentaires ou plusieurs pigments de leur palette.

Cette méthode permet d’obtenir des ombres plus colorées et plus cohérentes avec le reste de l’œuvre.

Cependant, un noir peut parfaitement avoir sa place dans une palette si son utilisation correspond au style recherché. Là encore, il n’existe pas de règle absolue : une palette doit avant tout répondre à la pratique de l’artiste.

Adapter sa palette au type de sujet que l’on peint

Une palette cohérente n’est pas nécessairement universelle. Elle peut évoluer en fonction des sujets privilégiés.

Pour le paysage

Une palette destinée au paysage pourra accorder davantage de place aux bleus, aux terres et aux possibilités de création de verts naturels.

Les artistes qui souhaitent disposer d’une sélection compacte dédiée à cette pratique peuvent par exemple s’inspirer d’une boîte de poche aquarelle Winsor & Newton Paysage, intéressante pour observer la logique d’une sélection pensée autour d’un type de sujet.

Pour la botanique

Une palette botanique pourra privilégier des jaunes et bleus permettant de créer une large variété de verts, accompagnés de rouges ou violets adaptés aux fleurs et aux nuances plus froides.

Pour le portrait

Pour le portrait, les terres, rouges, jaunes et bleus permettant de neutraliser les carnations prennent davantage d’importance.

Pour le carnet de voyage

Le carnet de voyage impose souvent une autre contrainte : la compacité. Une palette réduite et polyvalente devient alors particulièrement intéressante.

Une boîte pour godets d’aquarelle à remplir permet par exemple de composer soi-même une sélection adaptée à ses habitudes plutôt que d’être limité à une palette prédéfinie.

Une palette peut aussi contenir des couleurs moins conventionnelles

Construire une palette cohérente ne signifie pas forcément rester exclusivement dans les couleurs traditionnelles.

Certains artistes choisissent d’ajouter ponctuellement des couleurs spéciales, notamment des nuances métalliques ou iridescentes, pour certains projets ou effets décoratifs.

Un coffret d’aquarelle Winsor & Newton Cotman 8 couleurs métalliques peut ainsi compléter ponctuellement une palette traditionnelle sans remplacer les couleurs de base utilisées pour les mélanges.

L’essentiel est de distinguer la palette de travail principale des couleurs utilisées occasionnellement pour obtenir un effet particulier.

Tester les mélanges avant de fixer définitivement sa palette

Avant de décider qu’une couleur mérite définitivement sa place, il est particulièrement utile de réaliser un nuancier de mélanges.

On peut créer une grille en plaçant les couleurs de la palette sur les deux axes, puis tester chaque combinaison. Cet exercice permet de visualiser immédiatement :

  • les couleurs secondaires obtenues ;
  • les mélanges qui deviennent rapidement ternes ;
  • les combinaisons permettant de créer de beaux neutres ;
  • les éventuels doublons ;
  • les pigments qui se complètent particulièrement bien.

Le support utilisé influence également beaucoup la perception des couleurs. Si vous hésitez entre différentes textures, notre guide Quel papier aquarelle choisir : grain fin, torchon ou satiné ? explique comment la surface du papier modifie le rendu des lavis, de la granulation et des détails.

Exemple d’une palette aquarelle polyvalente

Il n’existe pas de palette idéale valable pour tous les artistes, mais une base relativement simple peut servir de point de départ :

  • un jaune chaud ;
  • un jaune froid ;
  • un rouge chaud ;
  • un rouge froid ;
  • un bleu chaud ;
  • un bleu froid ;
  • une terre claire ;
  • une terre plus sombre.

À partir de ces huit couleurs, il est déjà possible de produire une grande variété de verts, oranges, violets, bruns, gris colorés et tons neutres.

Les couleurs supplémentaires peuvent ensuite être intégrées progressivement selon les besoins : un pigment particulièrement granulant, une teinte difficile à reproduire par mélange ou une couleur devenue indispensable dans sa pratique.

Faire évoluer sa palette plutôt que la remplacer

Une palette d’aquarelle n’a pas besoin d’être définitive. Elle évolue naturellement avec la pratique.

Avec le temps, certaines couleurs deviennent incontournables tandis que d’autres restent presque inutilisées. Observer cette évolution permet de mieux comprendre ses préférences et d’affiner progressivement sa sélection.

Il peut être particulièrement intéressant de noter les références des pigments, de conserver des nuanciers et de comparer ses mélanges au fil du temps.

Construire une palette devient alors un processus d’apprentissage à part entière.

Comment construire une palette de couleurs cohérente en aquarelle ?

Pour construire une palette aquarelle cohérente, mieux vaut privilégier quelques couleurs complémentaires et bien maîtrisées plutôt qu’une accumulation de nuances.

Une sélection de primaires chaudes et froides constitue une excellente base. Les terres permettent ensuite de faciliter les neutralisations, tandis que certaines couleurs particulières peuvent compléter la palette selon les sujets et les effets recherchés.

La cohérence vient surtout de la capacité à comprendre ses pigments, à connaître leurs mélanges et à identifier les couleurs réellement utiles à sa pratique.

Au fil du temps, la palette devient ainsi beaucoup plus qu’une simple collection de godets : elle devient un outil personnel construit autour de sa manière de peindre.